Patrimoine

L'église Saint-Eloi

Un point de vue remarquable

L'église Saint-Eloi

Historique

Il semble qu'elle témoigne de trois époques de construction :

  • clocher, chœur et chapelles orientées : XII° et XIII° siècles

  • la nef semble dater du XV° siècle

  • bas-côtés reconstruits au XVII° siècle

A cause des intempéries, le clocher de l'église fut, à plusieurs reprises, l'objet de réparations au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle.

La foudre qui s'abattit en1905 causa d'importants dommages.

Après restauration, la flèche qui le surmontait perdit 4 mètres de sa hauteur.

Restaurations après la guerre 14-18.

Plusieurs torpilles, qui atteignirent l'église de Mareuil-la-Motte au cours des hostilités, causèrent de nombreux dégâts à l'intérieur et à l'extérieur de l'édifice. Le bas-côté nord fut entièrement détruit de même que l'ensemble des vitraux ; la charpente et la couverture furent sérieusement touchées. Le clocher a, quant à lui, été fortement endommagé car un projectile pénétra directement dans la souche de la flèche et a éclaté à l'intérieur.

En 1919, l'église du village, l'une des rares du cantons à être restée debout, sera classée Monument historique .

Le premier devis de restaurations a été dressé le 17 février 1920. Après quelques modifications apportées à cette expertise, il a été décidé de s'attacher, dans un premier temps, aux travaux du chœur (charpente, maçonnerie, vitrerie) et du clocher pour permettre le rétablissement du culte dans cette partie de l'édifice. Quant à la nef, les crédits de 1921 ne permettaient pas d'envisager sa remise en état. Pour éviter les accidents, quelques étais ont toutefois été placés sous les sablières de la charpente du bas-côté démoli.

Les travaux eurent finalement lieu entre 1927 et 1928.

Dès 1930, commencèrent les aménagements intérieurs de l'église avec une remise en état des lambris sculptés du XVIIe siècle (pièces déposées et remontées après remplacement des éléments disparus, brisés ou endommagés), qui ornaient le chœur et la nef, et les réparations de la chaire à prêcher, du maître-autel et du bénitier. La sacristie a, également, subi des restaurations : couverture refaite à neuf et réparations des murs endommagés.

La reconstitution de l'édifice s'acheva aux alentours de 1932 par divers travaux de maçonnerie, de charpente et de couverture.

Plans du clocher actuel ( après dommages de la foudre et de la grande guerre)

Restaurations après la guerre 39-45

L'église fut malheureusement le théâtre de nouveaux dommages au cours des bombardements de 1940.

En effet, la chute de bombes de très gros calibres, à quelques mètres du chevet de l'édifice, a provoqué la dislocation des murs de la sacristie, voisine du lieu de l'explosion, des fissures et des lézardes aux voûtes du transept et de l'abside, la destruction des vitraux.

La couverture devait, en outre, être totalement renouvelée.

Les travaux eurent lieu sous la direction de l'Architecte en Chef des Monuments historiques, de 1941 à 1953 pour les couvertures et le gros-œuvre.

Photos réalisées par l'architecte Jean-Pierre PAQUET après le deuxième conflit mondial

Description architecturale

La façade occidentale est composée de deux niveaux d'élévation séparés par un cordon de pierre : le portail en plein-cintre et le fronton triangulaire percé d'une baie en plein-cintre.

Le clocher, placé à la croisée du transept, est de plan carré à abat-sons.

Il est surmonté d'une flèche polygonale. Les bas-côtés reçoivent une toiture à longs pans. Les murs gouttereaux sont, quant à eux, percés de trois baies en plein-cintre au sud et de deux baies en plein-cintre au nord.

Une des fenêtres au nord est, en effet, remplacée par une porte qui permet d'accéder à l'édifice. Le chevet de forme polygonale est contrebuté par quatre contreforts.

Deux chapelles orientées jouxtent, de part et d'autre, le chœur.

La sacristie flanque la chapelle orientée sise au sud.

Au nord-est, vient se loger entre deux contreforts, une petite chapelle qui s'ouvre sur l'extérieur par un arc en plein-cintre.

Elle est ornée d'une sculpture en bois représentant la Vierge.

Décor intérieur

  • Statues : deux statues polychromes, placées sur le mur ouest, de part et d'autre du portail occidental paraissent d'origine ancienne.

    La statue de saint Eloi (patron de la paroisse reconnaissable à son enclume), sise dans le chœur, a été acquise semble-t-il en 1875 pour remplacer une ancienne statue de saint Eloi qui « se trouv[ait] dans un état complet de vétusté, qu'il y a[vait] urgence à la remplacer par une autre plus digne, ce que la fabrique, se trouvant sans ressources, ne p[ouvait] subvenir seule à la dépense » . L'autre statue, lui faisant pendant, présente saint Antoine de Padoue.

  • Polychromie : plusieurs traces de polychromie, datant de l'époque médiévale, sont présentes sur les murs à l'intérieur de l'église.

    Nous pouvons vraisemblablement distinguer la représentation d'un personnage (peut être le Christ) avec les contours rouge, des fleurs de lys bleu, un médaillon ocre avec une fleur sur fond bleu à l'intérieur

Mobilier

  • Maître-autel : il date vraisemblablement d'avant les deux conflits mondiaux.

    Il a subi des restaurations après les deux guerres mondiales : une première fois en 1930 avec le remplacement des pièces brisées ou détruites et la fourniture de deux marches en chêne et une deuxième fois dans les années 1950.

  • Chaire à prêcher : en bois sculpté du XVIIIe siècle, elle est située dans le bas-côté sud. Elle fut remise en état, en 1930 : remplacement des pièces brisées ou détruites. Il ne reste actuellement que la partie supérieure de la chaire, de plan hexagonal, décorée de panneaux figurés.

  • Confessionnal : réalisé en chêne, il date de 1930.

    Fonts baptismaux et confessionnal
  • Dalle funéraire : une dalle funéraire, placée dans le chœur de l'église, date de 1575.

    Elle mentionne qu'en cette église se trouve inhumé le cœur d'Antoine Erlault, natif du village et qui fut en son temps le confesseur de la reine de France, Catherine de Médicis. Il joua un donc un rôle éminent en cette époque trouble qui annonce les guerres de religion.

    La dalle à la mémoire d'Antoine Erlault, datée de 1575

    « Ici est inhumé le cœur du révérend père en Dieu, messire Antoine Erlault, en son vivant prestre, natif de Mareuil, docteur de Paris, évesque de Chalon-sur-la-Saone, et confesseur de la Rayne de France qui trépassa à Marigny le 28 septembre 1573. Et aussi y gisent Mathieu Erlault, en son vivant laboureur au-dit Marigny lequel trépassa le 1er avril 1540 et Florent Erlault autre fils dudit Mathieu, lequel trépassa le 1er décembre 1543. »

Ouverture

L'église est ouverte au culte quelques fois l'an.

Les clefs sont à retirer à la mairie de Mareuil-la-Motte.

Étangs

Étangs

Les carrières de Saint-Claude

Le point culminant de la région, 186 mètres, se situe sur le plateau de Saint-Claude.

L'endroit est fortement exposé aux vents et l'on y trouvait donc un moulin dont la présence est encore attestée sur le cadastre de 1850.

Ce moulin se trouvait entre le carrefour et les fermes actuelles, en direction de Thiescourt.

Nous n'en connaissons hélas aucune trace iconographique.

Au point précis du carrefour, se tenait une auberge, le Cabaret rouge où s'arrêtaient les voyageurs, les attelages et les charrois après la dure épreuve que représentait la montée vers le plateau, que l'on vienne de Lassigny, d' Elincourt, Thiescourt ou Mareuil.

Le cabaret rouge

Clichés Roger Parzybut

Description

Il s'agit d'un plateau calcaire et, depuis des temps immémoriaux, son sous-sol a été exploité afin de fournir en pierre blanche les chantiers de construction d'antan.

En 1834, dans son précis statistique sur le canton de Lassigny, Louis Graves évoque les carrières de Saint-Claude en ces termes.

« On compte plusieurs carrières ouvertes dans le calcaire grossier qui constitue la région méridionale du canton de Lassigny.La plus ancienne est la carrière Saint-Claude, au dessus de Mareuil-Lamotte ; elle est percée en galeries, et exploitée depuis la fin du quinzième siècle.

Elle occupe maintenant pendant la belle saison huit ouvriers, dont le salaire journalier ne dépasse pas un franc vingt-cinq centimes. On ne peut apprécier exactement la quantité de matières extraite qui varie selon les besoins de la consommation locale. Cette carrière qui est communale, donne une pierre tendre à grain grossier, à texture lâche, se taillant très bien, propre à faire une bonne maçonnerie.... »

Plusieurs entrées permettaient d'accéder aux galeries ; il n'en reste désormais que deux.

Des cheminées d'aération étaient encore visibles de la surface il y a quelques décennies ; à ce jour, elles sont condamnées.

Pour celui qui a visité ces galeries, leur taille, leur nombre et la hauteur des plafonds donnent une idée de la quantité gigantesque de matériaux qui en sont sortis au fil des siècles.

On imagine aussi les difficultés du travail des carriers de l'ancien temps dans de telles conditions d'obscurité : les plafonds des galeries gardent encore les marques noires des lampes à acétylène – (lampes au carbure) - qui ont été utilisées de la fin du XIX° siècle, jusqu'à l'arrivée des possibilités de l'éclairage électrique.

La fin des carrières

Durant le XIX°siècle, en Angleterre d'abord, puis en Belgique et en France, la fabrication de la brique s'est industrialisée et standardisée.

Ceci a conduit à un abaissement de son coût.

Par ailleurs, la brique est un matériau de construction plus aisé à mettre en œuvre que la pierre et qui réclame de moindres efforts.

Donc, peu à peu, des briqueteries se sont construites aux alentours et elles ont supplanté les carrières d'extraction de la pierre. Ces briqueteries tourneront à plein régime après la Grande guerre quand il s'agira de reconstruire les villages dévastés de la région.

A partir des années 60, elles furent démolies tour à tour : la technique de la brique et du parpaing arrivant.

Malgré tout, dans l'annuaire de l' Oise de 1909, figurent encore, dans la commune de Mareuil, trois exploitants carriers : Fouloy E, Dhervillez A. et Chouart A. Une carte postale, éditée durant la guerre, signale un autre exploitant, M.Mallet..

La Guerre 14-18

La position des carrières de Saint-Claude leur a valu de jouer un rôle particulier lors de la Première guerre mondiale.

Le plateau qui surplombe toute la vallée du Matz est devenu un enjeu stratégique. Il est âprement disputé par chaque camp et d'importants combats s'y déroulent, notamment le 9 juin 1918.

Plaque apposée sur l'ancien Cabaret rouge

Cénotaphes d'Aboville et la Rochefoucauld

Mais aussi, tour à tour et tout au long du conflit, ces galeries ont servi d'abri aux militaires des deux camps.

Ils y ont laissé leur marque et c'est ainsi que l'on retrouve des traces de leur passage dans ces galeries.

Des aménagements furent réalisés car ce qui était un lieu de travail est alors devenu un campement durable.

On trouve aussi, sur les parois graffitis et sculptures laissés par les soldats des deux armées.

Plaque apposée sur l'ancien Cabaret rouge

Clichés Roger Parzybut

La chapelle

Travaillée en haut-relief sur une paroi de galerie, cette chapelle est l'œuvre du soldat Nègre qui fut cantonné ici.

Sans doute fut-il muté ailleurs car le chapiteau et la colonne de droite sont demeurés à l'état d'ébauche.

Il a tout de même signé son œuvre et il l'a fait à la manière des anciens maîtres de l'époque classique : « Négre sculptit » ( ceci a été sculpté par Négre).

La guerre terminée et alors que les combats avaient en partie ruiné l'église, quelques messes de mariage auraient été célébrées devant cette humble chapelle.

Travaillée en haut-relief sur une paroi de galerie, cette chapelle est l'œuvre du soldat Nègre qui fut cantonné ici.

Sans doute fut-il muté ailleurs car le chapiteau et la colonne de droite sont demeurés à l'état d'ébauche.

Il a tout de même signé son œuvre et il l'a fait à la manière des anciens maîtres de l'époque classique : « Négre sculptit » ( ceci a été sculpté par Négre).

La guerre terminée et alors que les combats avaient en partie ruiné l'église, quelques messes de mariage auraient été célébrées devant cette humble chapelle.

Les champignonnières

Après la Grande guerre, l'activité des carriers s'est éteinte mais les galeries furent utilisées pour la production de champignons de Paris.

Elles étaient assez vastes pour cela ; une alimentation en eau fut réalisée et l'électricité amenée.

Cette activité a duré jusqu'au tout début des années 70.

Vingt-cinq ans d'oubli... et des retrouvailles

Durant un quart de siècle, après la fin des champignonnières, les carrières de Saint-Claude furent laissées dans l'oubli.

Elles ont néanmoins retrouvé vie à la fin du XX° siècle notamment grâce à l'action de l'association Patrimoine de la Grande guerre qui en a fait l'un de ses sites d'étude privilégiés.

A cela, il faut ajouter des initiatives locales qui ont permis de sortir ce site de l'oubli.

  • 11 novembre 1999

    A l'occasion d'une exposition sur le thème de la Grande guerre, une partie des galeries fut ouverte aux visiteurs durant quelques jours.

    Pour la première fois depuis des décennies, ces galeries ont été montrées au public.

    L'un des moments forts de la manifestation fut la célébration d'une messe à la chapelle. Quand le curé de Ressons, au cours de l'office, fit lecture d'un des textes du fameux recueil des Lettres de poilus, l'assistance fut gagnée par l'émotion.

  • Journée du patrimoine 2004 : « Histoire de randonner»

    En septembre 2004, à l'occasion de la Journée du patrimoine, une randonnée fut organisée entre le plateau de Saint-Claude et le village voisin d'Elincourt-Ste-Marguerite.

    Cette promenade qui partait du plateau fut une nouvelle fois l'occasion de proposer la visite des galeries, sous la conduite de guides de l'association patrimoine de la Grande guerre. En animation, une chorale proposa le répertoire des chansons de l'époque, allant de la Madelon à la Chanson de Craonne. Des figurants, costumés en poilus, jouèrent quelques saynètes.

Quiétude garantie pour les chauves-souris

Manège

Le « manège du cimetière » est une curiosité qui ne manque pas d'étonner celui qui le découvre en cheminant dans les allées du vieux cimetière.

Il s'agit d'une structure faite de huit colonnes entre lesquelles sont huit plaques commémorant un membre de la famille d'un charron qui vécut dans le village au XIX° siècle.

Description

Le tout est surmonté d'une petite toiture de zinc, de forme octogonale, elle-même surmontée d'une boule de fonte portant la date 1891, époque probable de la conception de l'édicule.

Une grille circulaire cerne l'ensemble qui repose sur quatre petites roues qui viennent s'ajuster sur quatre plots de pierre taillée.

Naguère ces roues avaient leur fonction : elles permettaient de faire tourner le « manège » sur quatre rails circulaires qui ont malheureusement disparu.

Ce petit monument -certainement un cénotaphe car rien n'indique qu'il s'agisse d'un caveau familial- est l'œuvre de Louis, Modeste Semé (1831-1898) qui fut charron du village.

La charronnerie

La charronnerie a joué un rôle de premier plan dans la vie économique du monde rural jusqu'aux premières années du XX° siècle.

Le charron était celui qui fabriquait et entretenait les trains de voiture.

Il était un rouage essentiel de la vie des campagnes d'avant l'époque industrielle puisque dans son atelier étaient fabriqués et entretenus les moyens de locomotion de l'époque : charrettes, tombereaux et carrioles.

Son savoir-faire devait réunir les techniques du menuisier et celles du forgeron.

Vers 1834, le Précis statistiques sur le canton de Lassigny de Louis Graves fait état de 'existence de 27 charrons pour les 22 communes que comporte le canton.

La spécificité de l'art du charron tenait dans la réalisation des roues : leur structure était de bois mais le simple bois n'aurait pas résisté bien longtemps à l'usure sur les chemins d'alors, simplement cailloutés.

Il fallait donc que la roue de bois soit cerclée d'une jante métallique, préparée à la forge et ajustée avec une maîtrise et une rapidité telles que le bois de la roue ne puisse s'enflammer.

Louis, Modeste Semé a-t-il voulu nous laisser un témoignage du savoir-faire des charrons ?

Cette corporation était reconnue depuis 1498, sous le règne de Louis XII.

Cette année-là, en effet, le Prévôt de Paris reconnaît officiellement cette profession qui était auparavant rattachée aux charpentiers.

Sur le chapiteau de chacune des colonnettes figurent, en guise de symbole, les outils de la corporation des charrons.

Louis, Modeste Semé a-t-il voulu nous laisser un témoignage du savoir-faire des charrons ?

Cette corporation était reconnue depuis 1498, sous le règne de Louis XII.

Cette année-là, en effet, le Prévôt de Paris reconnaît officiellement cette profession qui était auparavant rattachée aux charpentiers.

Le manège du cimetière